…Quelques infos…

  • Auteur : R.J Ellory
  • Intensité du plaisir
  • Lu : novembre 2016

Sous sa façade respectable, Vincent Madigan, mauvais mari et mauvais père, est un homme que ses démons ont entraîné dans une spirale infernale. Aujourd’hui, il a touché le fond, et la grosse somme d’argent qu’il doit à Sandià, le roi de la pègre d’East Harlem, risque de compromettre son identité officielle, voire de lui coûter la vie. Il n’a plus le choix, il doit cette fois franchir la ligne jaune et monter un gros coup pour pouvoir prendre un nouveau départ. Il décide donc de braquer 400 000 dollars dans une des planques de Sandià. Mais les choses tournent très mal, il doit se débarrasser de ses complices, et un enfant est blessé lors d’échanges de tirs. Comble de malchance, le NYPD confie l’enquête à la dernière personne qu’il aurait souhaité. Rongé par l’angoisse et la culpabilité, Madigan va s’engager sur la dernière voie qu’il lui reste : celle d’une impossible rédemption.

 Mon avis

logo archives - Un cœur sombre

Il est rare de trouver des quatrièmes de couverture qui n’en disent pas trop, et celle-ci trouve le moyen de ne pas gâcher le mini-twist du début, pas grand-chose, certes, mais tout de même, c’est plus qu’appréciable ! Du coup, pour ne pas gâcher l’effort de l’éditeur je serai brève pour éviter de trop en dire. Ne me remerciez pas.

Le titre annonce bien la couleur, on va navigue effectivement dans les méandres de l’esprit d’un homme tombé plus bas que terre. Le personnage de Madigan est d’une rare noirceur, son désespoir n’a d’égal que sa persévérance à essayer de recoller les morceaux de sa vie ratée à tous les niveaux. Entraîné du côté obscur de la force bien des années auparavant, Madigan réalise la profondeur du trou qu’il s’est creusé, et tente, après un ultime acte d’inconscience et de désespoir de réparer ses torts. Il va s’en dire que tout ne va pas se passer comme il le souhaite. Des chapitres très courts nous exposent directement les tourments de Madigan, et nous immergent un peu plus dans son état d’esprit. Celui-ci, aussi sombre que son cœur, ne nous rend pas Madigan très attractif en tant qu’homme, mais en tant que personnage, nous avons là un anti-héros obnubilé par son rôle de père et de mari, qu’il n’a pas su remplir comme il l’aurait souhaité. Un homme complexe, ambivalent, alcoolique et drogué aux médicaments en tout genre, qui essaie d’un bout à l’autre du livre de se dépêtrer d’une grosse pagaille potentiellement fatale pour lui, et les autres.

Une intrigue retorse, un esprit torturé, une volonté inébranlable de s’en sortir malgré tout, un instinct de survie tardif et maladroit, le tout agrémenté d’un suspens certain, même si un ou deux éléments se laissent voir venir, le récit hypnotise le lecteur comme la culpabilité hante Madigan. La plume d’Ellory, noire et précise, creuse elle aussi profond dans un personnage fascinant pour lequel on espère la lumière au bout du chemin, car on se surprend à le trouver finalement sympathique dans sa prise de conscience et sa bouffée de remords. Ellory au mieux de sa forme, aussi puissant et poignant que Mauvaise étoile, autre chef-d’œuvre de l’auteur, à mon sens.